WAW [We Are Woman]

On dit que derrière chaque homme il y a une femme. J’ai pu le vérifier au Théâtre du Varia, lors d’une représentation de WAW [We Are Woman].

Thierry Smith, chorégraphe belge et directeur de la compagnie Thor, met en scène dans sa nouvelle pièce onze danseurs. Onze, comme le nombre de joueurs d’une équipe de foot. Le spectacle s’ouvre sur un vestiaire sportif que les joueurs regagnent petit à petit après la victoire de leur match. Ces hommes alors plein de virilité vont se transformer sous vos yeux ; puisque le thème de ce spectacle est bien la féminité !

La pièce est décrite comme « un parcours ludique et libératoire » pour explorer le « devenir-femme ».

Le changement est d’abord physique (leurs sexes disparaissent) avant de devenir intérieur. L’équipe artistique a fait le choix d’aborder tous les clichés liés à la femme. D’un point de vue de femme justement, dans le public, c’est assez jubilatoire. Tout est dit, tout est sur la table ; même les tabous sont là. La succession de tableaux nous apostrophe : La femme aujourd’hui ? Parlons-en !

Alternant chansons, soli de danse, mouvements collectifs et pure délire sexe, drogue et rock’n’roll, les danseurs donnent tout et finissent en nage.

Mesdames, s’il vous faut encore une raison supplémentaire d’aller voir ce spectacle, je pourrais vous confier que tous ces corps sont un régal pour les yeux ! Et emmenez-donc vos hommes, qu’on en finisse avec ces clichés !

WAW

Mention spéciale pour le décor épuré, élégant et qui ne cessera de structurer l’espace avec justesse jusqu’à la fin du spectacle.

ATTENTION : La nudité et les références appuyées au sexe peuvent choquer un public jeune et sensible.

Représentations au Grand Varia, du mardi 29 mai au samedi 16 juin à 20h30, les mercredis à 19h30.

 

Bruxelles, le 30 mai 2018

© Morgane Lenzi

Les voisins font la fête en Belgique !

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Ce vendredi 25 mai, les rues, places, jardins et terrasses seront le terrain de jeu de millions de personnes en Europe qui célèbreront ensemble la Fête des Voisins ! Voisins de paliers et de quartiers seront réunis avec le désir partagé d’apprendre à mieux se connaître et introduire convivialité et solidarité dans nos quartiers.

Le principe de l’évènement est très simple : organiser une rencontre avec ses voisins de manière ludique et convivial afin d’activer ou de réactiver le lien social inhérent à la vie quotidienne du quartier, de renouveler ou d’entreprendre une expérience enrichissante et inédite. Et cela fait 15 ans que ça dure !

La fête a été mise en place dans le but de lutter contre l’individualisme et la solitude dans les grandes villes. Autour d’un repas ou d’un buffet improvisé, les voisins peuvent lier connaissances et partager un moment de convivialité.

Le concept de base, Margaux Liagre , chargée de projet , nous le décrit comme tel :  « Le concept est de rassembler des personnes qui ne se connaissent pas encore ou pas assez pour passer un moment conviviale ensemble. » Elle poursuit : « Certains habitants expliquent qu’ils croisent tous les jours ou presque leurs voisins, ils leur disent « Bonjour, ça va ? » mais en réalité ils ne se connaissent pas. Et c’est en ça que la Fête des voisins permet de créer des liens et amitiés potentielles entre voisins. Pareil dans les foyers, cela permet de s’ouvrir aux autres, de se sentir inclus dans son quartier grâce à ce vivre ensemble et cette idée de rassemblement. »

La Fête des Voisins n’existe pas sans vous !

 

Cette année encore, les organisateurs de fêtes pourront bénéficier gratuitement du matériel de communication tels que les affiches, invitations, ballons et goodies à l’effigie de la « Fête des Voisins ». Ce matériel est disponible à différents endroits

  • à la Maison des Voisins;
    • auprès des communes et villes participantes;
    • dans les maisons de quartiers, les sociétés de logements,
    • dans tous les magasins Intermarché partenaires, voir l’onglet inscription sur le site.
    • ou encore à télécharger sur le site Internet www.lafetedesvoisins.be

“Depuis 4 ans , j’ai pris l’initiative d’organiser cet événement.

La première fois, nous étions une dizaine de personnes.

En 2017, avec mes voisins, nous avons organisé la Fête des Voisins et grand succès, nous étions plus de 80 personnes. La fête s’est super bien passée et certains ont terminé la soirée bien tard ! 🙂

La plus jeune avait 8 mois et le plus âgé avait 92 ans. Quel bonheur de voir tout ce monde discuter, rire entre eux…”  – Flémalle.

Ma commune est-elle participante ?

 

« Toutes les communes de Belgique francophone ont été contactées » nous fait savoir Margaux.  « Si les communes ont pris la décision de participer, Un kit leur est alors envoyé ! »(Affiches, goodies, invitations ,…). Les communes se font le relais de la communication via un journal local ou des affiches.  Les visuels Facebook, Print, web sont aussi disponibles sur les pages des communes.

Une ville Wallonne fait exploser le nombre de participants.

 

Et la ville qui fait péter les scores est…-roulements de tambours-… Namur !

Et oui, la ville de Wallonie n’hésite pas à commander des grosses quantités de kits promotionnels, à faire des banderoles dans les rues…Anvers et Waregem suivent l’exemple pour le côté flamand.

En effet, l’évènement prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des années. En 2017, pas moins de 600 000 personnes ont participé à la fête en Belgique. Margaux nous explique : « La communication digitale a pu participer à cette augmentation grâce à des vidéos, un nouveau site, nouvelles collaborations. » L’évènement est devenu si incontournable et attendu dans certains quartiers que certains ont dû délocaliser la fête dans des parcs avec la venue de grimeuses, installation de banderoles,…  Un exemple à suivre donc !

Des initiatives viennent également des représentants de sociétés de logements. Dans ces cas ci, des animations pour la fête peuvent aider à atténuer les tensions.

Le Ramadan ? Ce n’est pas un problème ! « Certains quartiers se montrent ouverts à découvrir une nouvelle culture en attendant le coucher du soleil pour rompre le jeûne. » Nous dit-elle.

« Le message est tout simplement de profiter de cette date pour aller chercher le voisin d’à côté et lui proposer de passer un chouette moment ensemble pour créer des liens, des amitiés. » nous dit Margaux.

En termes de sécurité, chaque fête s’occupe de la sûreté via la maison communale, pour potentiellement faire appel à la police afin de bloquer les routes.

Au fond, pour Margaux, « Organiser une fête des voisins est simple, chacun ramène sa chaise, son plat de salade pour passer un excellent moment. ».

Pour participer, il suffit d’avoir l’esprit d’initiative et l’enthousiasme pour convier vos voisins à un apéro, barbecue, une partie de pétanque, une soirée dansante, … Bref, tout est permis.

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Un What’s app avec vos voisins !

 

Streeties : C’est le nom de l’application qui vous permet de communiquer avec vos voisins.Vous définissez le nombre de kilomètres souhaités par rapport au nom de votre rue et c’est parti pour retrouver les personnes abonnées dans votre voisinage. Simple, conviviale et gratuite, elle vous permet notamment de découvrir vos amis en commun avec vos voisins et de tous les rencontrer.

Besoin d’une échelle ? Un gardiennage de chiens ? Un conseil sur une bonne boulangerie ? Possible grâce aux conversations publiques et privées de l’application. Il y a également un onglet « Fête des voisins » pour pouvoir s’organiser mais pas que ! Le message clé : le vivre ensemble et l’aide collective. http://streeties.co/

© Anaïs CORBIN 2018

King Kong Théorie aux Riches-Claires !

Le livre qui m’a fait recommencer à me ronger les ongles en 2006 (puis arrêter pour lever mon poing bien haut) est adapté pour le théâtre aux Riches-Claires et la décharge est toujours aussi bonne.

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L’ambiance des Riches-Claires ? Les actrices déjà présentes sur scène au moment où l’on entre dans la salle ? Leurs regards convaincus et tranquilles ? Je ne sais pas qui a commencé, mais dès les premières minutes de la représentation, une militante a baigné ce lundi 7 mai : dans du coton.

Google nous dit que 98% des lecteur.rices ont aimé l’essai de Virginie Despentes et la salle ce soir là reflétait le même engouement. Ça donne envie de réapprendre à aimer les gens, car pourtant, dans ce livre, cette pièce, peu de stats mais plutôt des constats et pas des plus joyeux, avec un regard aiguisé sur des sujets tel que : la féminité, la virilité, le viol, la pornographie, la prostitution, découlant sur une question centrale : Comment la politique fait-elle irruption dans nos vies ?

Des injonctions qui ne nous rendent a priori pas philanthrope mais bien des mots qui  nous permettent d’élargir notre angle de vue : on a bien raison de ne pas se sentir à l’aise dans ces carcans, et on va plus subir ! Les actrices, Marie-Noëlle Hébrant, Maud Lefebvre et Delphine Ysaye en sont de ces convaincues quand elles soumettent le texte à la metteuse en scène Julie Noyer, pour créer la pièce à laquelle j’ai pu assister.

« King Kong théorie est une ode à la liberté, c’est là que le poing de virginie Despentes et les nôtres se lèvent »

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Alors forcément, si t’as poussé la réflexion depuis 2006, tu vas peut-être trouver la pièce un peu moins rock ‘n’ roll que ce qu’en disent les journaux traditionnels : de toute façon elles assument totalement leur découverte de l’époque, mais cela a été sans conteste le point de départ de recherches et connaissances qui n’ont pas vu leur fin avec le lancement de la tournée. C’est bon de sentir qu’on est tous.tes frappés du même fouet à cette lecture !

Une grande force se dégage de cette adaptation bien jaugée : La pièce convie la militante en herbe à sa danse, et comble le cœur des plus aguerris dans son ouverture à des strates nouvelles de la population. Servi avec un grand soin de la rendre accessible, sans trop dénuer les propos de Virginie Despentes de leur ferveur, la mise en scène minimaliste et interactive saura interpeller tous les genres , tous les âges , toutes les professions . Le monologue original devient ici une conversation entre trois femmes dont les propos sont exaltés par des sons et des images issus des médias que suit le spectateur lambda dans sa culture la plus universelle. Les exemples dont sont truffés l’essai de Virginie Despentes sont ainsi mis en relief par l’image, mais aussi par les corps. Une grande partie de la mise en scène repose sur eux : leurs accessoirisassions, leurs déambulations et leurs gestes, rendent une fois de plus la pièce, humaine.

Pour ceux et celles qui en douteraient encore, il est important de noter que cette mise en scène sur le fil de la décadence mesurée a permis durant ces années de représentations, d’ouvrir la porte aux interactions avec un public large :  théâtres huppés,  hors capitale, à la Prison de Lantin, ou encore, avec la création d’atelier pour la jeunesse au théâtre de la toison d’Or. La pièce a donc fait un vaste voyage, aussi bien en termes de territoire géographique que dans les terres indomptées de publics loin des considérations féministes ou théâtrales.

Déployer un mégaphone amabile, c’est aussi le terrain des Riches-Claires, avec ce contexte des « lundi-théâtre », offrant des tarifs accessibles pour assister aux représentations (6euros).
Compris dans ce prix, une discussion entre actrices et  spectateur.rices est venue finir ce moment  rassurant où on se dit « non, tout le monde n’en a pas rien à faire » ! Avec à ma droite, un voisin, à ma gauche, un couple de personnes aux cheveux gris, et puis tout autour : un bain de regards ébahis. Chirurgienne, scientifique, des personnes qu’il ne m’arrive pas souvent de côtoyer et par extension, d’échanger sur ces thèmes.

Les interventions et l’intérêt pour la pièce de ce public que je n’avais pas encore croisé dans le milieu féministe ont caressé mes convictions hirsutes. Je dois le dire, d’habitude les débats post-représentation me désintéressent, les gens qui parlent pour se faire mousser, pose des questions sans rapport aucun avec ce qu’on vient de voir mais font leur thérapie … NON MERCI !

Ici, rien de tout ça, des constats, des conseils de lectures, la découverte de la passion et de l’énergie que les actrices ont mis à la réalisation de cette œuvre : Bonheur.

On y a aussi appris l’existence d’une amitié de longue date entre les actrices «  ah c’était donc ça ! » : Pas de doute que leur talent aurait su simuler une telle entente, malgré tout, je persiste à croire que leur amitié à la vie comme à la scène est une clef de la bienveillance communicative de cette pièce : de la sororité pure, l’origine de ce dont on a besoin pour la suite de cette conquête.

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Prochaine représentation du 07 NOV – 01 DÉC 2018 au Théâtre de la Toison d’or.

Une Zinneke aussi Illegal que colorée !

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Et c’est un clap de fin pour la 10ème édition de la Zinneke Parade après 2 ans d’attente.  La célèbre parade bruxelloise a dévoilé ainsi plus de 1500 personnes séparées en 21 « Zinnodes ».

Mais avant toute chose, c’est quoi un « Zinneke » ?

La question a été posée à Véronique Depiéce et Tristan Locus (coordinateurs de la parade.)

« Zinneke vient du court d’eau de la Senne recouverte à Bruxelles, la légende dit que des chiens bâtards ont été jetés dans ce fleuve. Cela représente aussi ceux qui vivent au bord de l’eau, les plus démunis. Une « Zin » est aussi « une phrase » en néerlandais, cela parle d’un ensemble. »

La Zinneke Parade est née dans le cadre de Bruxelles 2000, Ville européenne de la Culture. L’animateur culturel Miko Popovitch trouvait que Bruxelles manquait de fêtes populaires. Il y a eu alors volonté d’organiser une grande fête dans la ville, qui jetterait des ponts entre les 18 communes et le centre-ville et qui mobiliserait toutes les associations (socio)culturelles. Des artistes, associations, centres culturels se sont alors investis dans le projet.

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Le résultat est aussi diversifié que les Zinnekes eux-mêmes qui ont choisi de bousculer des idées et pratiques pour aller à la rencontre de personnes et de modes d’action pas forcément familiers. Ces croisements ont donné naissance à 21 performances singulières relevant à leur manière les défis de la création artistique collective.

Pour les organisateurs, le message passe par le vivre ensemble, partager et créer ensemble. Un Zinnode est un groupe composé d’une équipe artistique, de plusieurs partenaires et de plusieurs dizaines d’habitants qui construisent, en s’appuyant sur un processus de création participative d’au moins un an, un projet artistique cohérent commun en rapport avec le thème de la Parade.

Chaque Zinnode représente un univers en soit avec des façons de faire et de discuter différentes. Tout ce qui compose la parade fait partie d’un sens de tolérance et de recherche par rapport au mieux vivre ensemble, comment se sentir bien dans la ville , comment s’approprier l’espace publique.

ILLEGAL invite et propose une réflexion dans la perspective

 

Mais au fond, que peut-on imaginer comme interprétations du thème « ILLEGAL » ?

Pour Véronique et Tristan c’est une « Thématique conceptuelle » . On peut imaginer un lien avec les mouvements de la société contemporaine, les migrations. Cela est déjà une première exploitation importante du thème. Comme nous témoignent 2 Zinekes d’origine africaine qui ont défilé sur ce thème : « Nous voulions représenter le droit des étrangers, des réfugiés, des prisonniers. Malgré le fait de quitter le pays, cela ne veut pas dire qu’ils ont tout perdu. Ils ont besoin que l’on accepte leur intégration. Il était nécessaire de faire une chaîne qui interprète ce phénomène de stigmatisation, d’instrumentalisation de ces réfugiés dans certains lieux. »

Nos interlocuteurs nous indiquent aussi qu’un autre groupe a basé sa réflexion sur le concept de la ville meilleure. Ils ont questionné la réglementation qui conditionne notre vie ensemble avec un a priori positif.

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ILLEGAL est une thématique intéressante, également une question du choix politique pour la coordinatrice.  C’est « Un vivre ensemble dans la ville, une capacité de se mobiliser » nous dit-elle. « Une représentation de la puissance, le fait de s’ériger contre ou plutôt pour quelque chose ».

Nous avons rencontré une jeune zinneke qui a paradé sous un thème dévié qu’est la fureur. Ils ont défilé avec l’association Césame qui s’occupe des handicapés. « Nous voulions interpréter ILLEGAL par la dictature du peuple et du bonheur. » nous confie-t’elle.

Si l’on veut défiler pour la Zinneke parade de 2020 , il faut prendre contact avec les organisateurs à partir du mois de juin précédent le défilé.  Quelques mois avant la parade il y a ensuite les propositions d’entrée dans le différents Zinnodes par rapport à une pratique artistique, un quartier ou à la volonté de rencontrer un certain type de personne. Le processus pour aboutir à la parade demande une présence régulière. Pas d’entrée en dernière minute car il s’agit de construire quelque chose ensemble, c’est un projet de longue haleine. Le but n’est pas de venir avec un groupe uniforme mais justement de profiter des Zinneke pour rencontrer des gens que l’on a pas l’occasion de croiser au quotidien.

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Etre bénévole pour la prochaine Zinneke vous intéresse ? Vous pouvez  prendre contact par téléphone ou mail ainsi que  sur le site :
www.zinneke.org

© Anaïs CORBIN 2018

Cabaret Mademoiselle

Cabaret Mademoiselle

Du mercredi au samedi – spectacle dès 21h30

“Damoiselles, damoiseaux, ladies and gentlemen, bienvenue, welcome, dans l’univers énigmatique, mystérieux et étrange du Cabaret Mademoiselle…”

Samedi soir j’ai poussé, curieuse, la porte du Cabaret Mademoiselle. Petit établissement idéalement situé au centre de Bruxelles (rue du Marché au Charbon 53), l’entrée est libre. Loin de l’image un peu triste et cynique que l’on peut se faire d’un « bordel » comme le qualifieront eux même les artistes, le cabaret est un lieu festif, chaleureux et ouvert à tous ! L’ouverture justement, a eu lieu à l’automne dernier. Ce fut l’aboutissement d’un projet de plusieurs années mené par Mademoiselle Boop, déjà entourée de quelques artistes de la troupe.

Dans l’équipe artistique ils sont environ treize artistes. Quatre artistes et quelques guests internationaux se relayent pour vous offrir chaque soir un spectacle différent. Au programme : beaucoup de dragqueen, reines du soir, qui vous proposent un véritable défilé de mode, des costumes plus travaillés les uns que les autres, des numéros de danse ou encore de chant.  Le tableau burlesque est complété par quelques traditionnels numéros d’effeuillage, des musiciens, mais aussi des pole-danceurs et acrobates. La diversité et la polyvalence des artistes était dès le début du projet un axe fort.

Certains numéros sont une véritable invitation au voyage dans le temps. Si j’avais, pendant mes études, entendu parler de la danse de la serpentine, née à la fin du XIXème siècle, j’aurais eu pour la première fois la chance d’en voir au Cabaret Mademoiselle. Ce numéro nous était offert par Colette Collerette. Quelques minutes plus tard c’est Loulou Velvet qui nous emmenait à la Nouvelle Orléans dans les années 1930.

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Et bien sûr, ce soir-là, comme beaucoup de vendredis ou de samedis soir, il y avait La Veuve. Les dragqueen à barbe se font rares alors ne la manquez pas. La parole libérée, l’humour un peu acerbe et beaucoup de charme se dégagent de ce maître de cérémonie, qui se plait à fidéliser la clientèle, rebondissant parfois sur quelques private jokes.

Je fus étonnée de constater à quel point le public est hétéroclite. Jeunes, moins jeunes, de tous les sexes ou d’aucun sexe, de la communauté LGBT ou hétérosexuelle… La volonté de s’amuser et de partager ensemble quelques heures et quelques verres trace un joli trait d’union entre tous ces gens. L’équipe autant que les clients aiment faire la fête et c’est ce qui permet très justement ici de dépasser tous les clichés et les à priori.

Vous aussi venez découvrir le Cabaret ; plongez dans une ambiance colorée, un brin rétro, avec toutes ces plumes, ces paillettes et ces bas-résilles qui nous rappellent volontiers les cabarets des années folles et l’époque mythique de la prohibition. Mais rassurez-vous, ici le bar est bien ouvert !

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Si l’entrée est libre et le spectacle offert, il convient toutefois de consommer une boisson (bière environ 5€) et de mettre un petit quelque chose dans le chapeau que font tourner les artistes au cours de la soirée.

© Morgane Lenzi – Bruxelles – mai 2018

Blue Book Legacy : ne vous fiez pas aux apparences !

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Musique cosmique, écrans d’étoiles, lumières bleues : décor planté. Nous entrons dans une autre dimension, une autre galaxie, un univers nouveau. Car c’est bien ce qui se déroule sous nos yeux dans cette mise en scène de Matthieu Meunier : quelque chose de nouveau. L’histoire, elle, peut paraître banale, du moins le début : deux frères se retrouvent suite au décès de leur mère et doivent se rendre au chalet de leur enfance. Là commence leur périple. Ce n’est pas ce début qui a des airs novateurs mais, entre autres, l’univers : celui des extraterrestres, sujet quasi inexistant sur nos scènes de théâtre.

Notre curiosité est éveillée sur ces être venus d’ailleurs, nos certitudes parfois remises en cause (et ça fait du bien), avec toujours ce ton de l’humour. Mais c’est surtout l’utilisation de la vidéo (créée d’une main de maître par Allan Beurms) qui est tout à fait originale.

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En effet, c’est une vidéo d’animation (dans un écrin de lumières soignées, crées par Seby Monseigneur), inspirée de nombreux univers (cartoon, comics, films d’aventure, jeux vidéos,…) qui, au-delà d’illustrer les différents lieux dans lesquels se situent les personnages, s’avère être également un formidable partenaire de jeu pour les comédiens, qui peuvent ainsi se battre contre des piliers de comptoir en personnages d’animation, des chiens qui font “coin coin” et même des extraterrestres. L’infini des possibilités offertes par la vidéo, et la précision des comédiens (Arnaud Van Parys et Xavier Elsen) face à celle-ci, fascine le spectateur amusé.

C’est donc un divertissement bien dosé, où chacun y trouve son compte, mais également une pièce qui amène la réflexion. Si Blue Book Legacy aborde le thème des extraterrestres, c’est aussi pour parler de l’humain et, plus largement, de notre société. Dans la deuxième partie, on entendra le père dire aux extraterrestres, en parlant des Hommes : « vous ne voulez pas que ce peuple évolue, vous avez un intérêt là-dedans ».

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Cette réplique n’est pas sans faire écho à une situation actuelle (mais pas tant que ça) : la domination des pays riches sur les plus pauvres, la faiblesse des uns faisant la force des autres. Ici, la complémentarité des deux frères dans leurs forces et leurs faiblesses, tentera de servir la cause de l’humanité toute entière. La deuxième partie de la pièce tente donc d’entrer dans un propos plus profond que la première partie, avec cependant quelques petite failles : c’est une deuxième partie qui se cherche encore un peu mais qui, sans aucun doute, s’affinera et s’affirmera au fil des représentations.

En conclusion, c’est un projet ambitieux, esthétiquement original et soigné, très bien joué, et qui mérite notre soutien, aussi parce que c’est une jeune équipe qui explore au-delà des sentiers battus, qui prend des risques et il en faut ! Mais vous, êtes-vous prêts à risquer l’aventure ?

Foncez !

© Macha.

Jusqu’au 5 mai aux Riches-Claires,

Infos et réservations
Centre culturel Les Riches Claires
www.lesrichesclaires.be
24 RUE DES RICHES-CLAIRES
B-1000 BRUXELLES | 02/548 25 80

Les enfants de Dom Juan.

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Le donjuanisme comme prétexte à une leçon de tolérance dans une version interculturelle. Voilà le défi qu’ont relevé avec art et savoir-faire Sam Touzani et Gennaro Pitisci.

Car c’est un spectacle à surprises que le Brocoli théâtre réserve au public très mélangé de l’Espace Magh.

Le concierge d’un petit théâtre de quartier découvre que le prétendu metteur en scène qui va monter Dom Juan et gâcher ses vacances par la même occasion ne serait autre que son demi-frère venu revendiquer sa filiation et le port du nom arabe de leur ascendant commun.

Oui… Sauf que, l’un est un pur Marocain dans l’apparence et dans le mode de vie, alors que l’autre n’a pas tout à fait la même couleur… Que peuvent-ils attendre de cette confrontation ?

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Sur le ton de la farce, la pièce amène le public à la question de la tolérance et frappe dans un lieu de conflit par excellence : celui de la famille, sans compter le jugement de la communauté et de la société qui imposent des lois. Le tour de génie des deux auteurs est de revisiter le mythe de Don Juan par une réécriture du point de vue des descendants d’un libertin brutalement mis face à une parenté qui au premier abord risque de les encombrer plus que de les séduire. Quoique…

La trame pose alors indirectement la question des origines communes de l’homme et de la fraternité et du partage, tels que nous les enseignent les religions. Jusqu’où l’autre est-il admis à pénétrer notre espace ? Que peut-il m’apporter et que risque-t-il de détruire ou de déséquilibrer ? Les découvertes génétiques récentes prouvent que nous sommes le résultat de croisements multiples, cela nous rendra-t-il plus ouverts les uns envers les autres ?

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Et si la rencontre passe nécessairement par la séduction de quelque nature qu’elle soit, elle sera guidée par la connaissance de l’autre. Comment ouvrir la brèche ? L’audace de Dom Juan n’est sans doute plus à blâmer.

Ben Hamidou et Sam Touzani campent avec enthousiasme ce duo insolite réussira à s’apprivoiser par le truchement d’une supercherie comme nous en réserve cette comédie à tiroirs.

C’est à l’Espace Magh jusqu’au samedi 5/05 :
Rue du Poinçon, 17
1000 Région de Bruxelles-Capitale.

Sur Facebook via https://www.goo.gl/3YLex9

@ Palmina DI MEO.

 

365°, une « variation ethnographique et poétique sur le thème de l’amour » d’Alice KHOL.

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Alice Khol est photographe. Pendant deux ans elle a recueilli photos et histoires d’amour qu’elle publia sur son blog http://365degreesoflove.tumblr.com/ avant de les exposer depuis peu. Elle définit 365° comme une « variation ethnographique et poétique sur le thème de l’amour ».

Elle est accueillie en ce moment à la Maison Bergamini. Loin de l’image conventionnelle que l’on se fait d’une galerie d’art, vous êtes reçu à la Maison Bergamini comme chez vous. Entre la salle de bains
entièrement vitrée posée au centre du loft, le sac de frappe de boxe dans un coin, le studio photo au milieu, et les saladiers de chips qui vous attendent dans un coin de la cuisine – encombrée et dont l’évier déborde de vaisselle sale ; les œuvres d’Alice sont là.
Sobrement fixées au mur, elles ne sont accompagnées d’aucun titre, ni d’aucune explication. Elles sont regroupées en diptyque ou triptyque. Dans un angle, se cache un petit QR code. A l’aide de votre smartphone, vous accédez à un lien Soundcloud (https://soundcloud.com/alice-khol/365-expo-6/s-u0tEK)
Branchez vos écouteurs, et vous voilà parti pour écouter une bride de vie, le conte d’un soir ou la plus grande histoire d’amour qui a inspiré Alice.
Les jolies photos, développées sur un carton mat, sont des mises en scène de la photographe tantôt inspirées de la vie quotidienne, tantôt inspirées par des textes. Chaque situation est une mise en scène nous confiera l’artiste. Elle préfère poser l’action, les personnes, arrêter le temps à la photo prise sur le vif, en mouvement.

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Une des modèles, qui est présente, raconte que l’artiste lui envoie régulièrement des photographies pour avoir ses textes, ses impressions à elle, sur le cliché. Quelle histoire lui inspire-t-elle ?
Nous rencontrons l’artiste qui nous dévoile la prochaine édition d’un livre qui regroupera les photographies et les textes. Lorsque nous lui demandons ce que le public peut trouver de plus que dans
son blog à venir à l’exposition ou à se procurer le livre, elle semble dubitative. Pas de nouvelle prise, non publiée sur internet. Elle se hasarde à dire que parfois elle change, inverse certains textes avec d’autres pour illustrer les photographies. Ce commentaire nous encourage à croire qu’il n’y a pas eu de profonde réflexion entre l’art photographique et les mots.
Somme toute, nous avons passé un agréable moment, à regarder ces quelques clichés et à boire un verre de vin sur le balcon joliment éclairé par un doux soleil de printemps. On repart tout de même en
regrettant l’accueil fait à l’artiste mais aussi aux visiteurs.
N’oubliez pas votre smartphone, vos datas et vos écouteurs. Ici, pas de casque à disposition comme au musée ou dans l’avion, pas de textes non plus imprimés sur des papiers et pas de code wifi affiché.

Maison Bergamini
Rue École Moderne 17
Anderlecht
0483 24 97 43

© Morgane Lenzi – Bruxelles – 17.04.18

BUG ou quand la paranoïa nous colle à la peau !

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Agnès se sent seule. Seule dans son petit appartement dans un HLM. Seule depuis la disparition de son fils dans un supermarché. Agnès a également peur de Jérémy, son ex compagnon qui s’est toujours montré violent envers elle et qui ne cesse de la harceler. Agnès noie ses émotions dans la vodka et la drogue. Et puis un jour elle rencontre Pierre qui la trouve belle. Pierre est bizarre et un peu coincé mais Agnès s’attache très vite à lui. Une complicité naît entre eux. Mais Pierre, en plus d’être mystérieux, a un secret. Il serait un soldat en cavale et victime d’un énorme complot. En effet, l’armée lui aurait inoculé des insectes sous la peau de manière à le contrôler. Agnès, au départ dubitative, est petit à petit amenée à le croire et à se sentir elle-même paranoïaque.

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La paranoïa, c’est ce que cette pièce, mise en scène par Aurore Fattier, met en avant. En s’inspirant du dramaturge américain Tracy Letts, elle parvient à proposer du théâtre fantastique dans un mélange de folie avec un fond sonore intéressant. Elle réussit également à influer ce sentiment paranoïaque au sein du public. Saluons la performance de chacun des comédiens et notamment de Yoann Blanc qui joue brillamment le rôle de Pierre, ce gars mystérieux fuyant le complot. Saluons également les musiciens présents qui ont donné une belle tonalité à ce spectacle.

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Bug est un spectacle qui laisse sans voix et qui donne à réfléchir sur toutes les théories du complot qui incombent notre société actuelle. Bug est aussi un spectacle prenant notamment grâce à sa scénographie bien réfléchie.

AVEC Fabrice Adde, Yoann Blanc, Catherine Grosjean, Eléna Pérez et  Claude Schmitz.
SCÉNOGRAPHIE Sabine Theunissen assistée de Simon Détienne.

BUG se joue au Théâtre Grand Varia jusqu’au 9 mars à 20 heures 30 (durée du spectacle, 120 minutes).

http://varia.be/
http://varia.be/bug/

© Sonia Azzabi.
Mars 2018.

Les cinq titres essentiels du groupe O.R.A : spirale mélodieuse et atmosphérique !

ora-be

Ce jeudi 22 février, on recevait O.R.A, groupe de rock alternatif et interstellaire, pour une heure d’émission à entendre et réentendre  sur notre page Jardin Publik   !

On vous en offre ici une prolongation, avec la liste de cinq titres essentiels selon la voix du groupe, celle de  Damiano Perri.
O.R.A ça commence justement avec lui à la composition et à la voix . Celle qui chuchote à ton oreille dans une chambre de coton avant qu’au fur et à mesure des arrangements,  ton plafond et tes murs s’ouvrent sur la voie lactée, élevé  par le chant d’instruments incarnés par Quentin ( guitare) , Ben ( basse) ,Cédric (drums) et Baptiste (clavier).
Pour observer cet éclatement via ta propre tête ça se passe sur bandcamp.
Et sans plus attendre, voici de quoi parfaire ta culture musicale avec du pain béni.

  1. Mojo Pin de Jeff Buckleyjeff

O.R.A _ Jeff avait la voix qui me touchait le plus pour son côté “Storytelling”, la beauté de sa voix de tête et la puissance, la vie qu’il mettait dans ses morceaux. Si j’avais une machine à remonter le temps, la même que M. W2. ells, j’irais assister à son concert de Chicago en 1995.

2. Two Weeks de Grizzly Bear
grizzly bear
O.R.A _ Pour un groupe Prog/pop/rock, c’est mon préféré au niveau des changements et variations qu’ils réalisent dans leur musique, puis le fait d’avoir deux chanteurs avec une voix unique pour chacun c’est juste trop bon..Leur dernier album Painted Ruins est somptueux (A écouter l’album en une fois), ce que j’aime c’est que ce sont des albums qui s’écoutent comme un voyage, si l’on sort une musique elle perd son sens. Ils ne sortent pas des singles, mais des albums c’est ça que j’aime chez eux. Ils racontent des histoires.

3. All is full of love de Bjork
bjork
O.R.A _ Que dire…la déesse de la musique pour moi. Une voix fragile, puissante, vivante et intense. Une capacité à anticiper, à comprendre l’évolution de la musique avant qu’elle n’ait été créée. Je parlais de machine à remonter le temps, je pense qu’elle en possède une qui lui permet de faire des bons de 20 ans et de revenir au présent pour composer ces morceaux, c’est une hypothèse hein…Mais j’ai ma p’tite idée.

4. Scarborough Fair de Simon and Garfunkel
simon and garfunkel
O.R.A _ Quand j’étais petit, je l’ai entendu je ne sais plus trop quand mais c’est une mélodie que j’avais en moi, puis je l’ai oubliée. Il y a quelques années je l’ai réécoutée par hasard et ça a fait l’effet d’une madeleine de Proust.
Je suis fan des mélodies médiévales folk et cette chanson-ci est pour moi la meilleure représentation de ce qu’ils ont fait, avec en 2ème, le magnifique Sound of Silence.

5.  Motion Picture Soundtrack de Radiohead
radiohead
O.R.A _ Thom, Greenwood,…des génies encore vivants.
Celle-ci en particulier fait partie de mes préférées par la sincérité, cette
ligne continue d’harmonium avec une harpe, la voix de Thom et ce côté intemporel dont seul ce groupe a le secret. Puis le fait qu’elle se trouve en dernier de Kid A, c’est un coup de génie.

La suite pour O.R.A se passe dans une série de concert Bruxellois :
– Le 9/05 au Floréo
– Le 10/05 au Rock Classic
– Le 17/05 seventy five
– Le 17/06 à La machine

On s’y croise,
LA JP TEAM.

une émission d'agenda culturel transversal à Bruxelles