1h01 de spectacle, et pas une minute de trop – Replay

Parlons d’un sujet plus léger en cette fin d’année, parlons « Rupture », de et avec
Valentine Lapière et Gaël Soudron.

Replay

Une femme, un homme, un banc public… Et non, ils ne se bécotent pas. Lucie s’est faite larguer. Quoi de plus banal ? Oui, mais là, c’était l’homme de sa vie, à elle aussi. Pas le temps pour les regrets – petit dab d’encouragement – Jean-François arrive à la rescousse avec pour seuls adjuvants une imagination et un humour débordants. L’espace d’une nuit, il sera à ses côtés pour l’aider à surmonter cette épreuve.

Elle a un nénuphar au cœur, Lucie, entre autres merveilles. C’est d’ailleurs là que se joue une scène mémorable, qui dépasse de loin tous les portés mythiques, s’il en est, inspirés de Dirty Dancing. Le temps d’une heure et une minute, les sentiments en prennent plein la tronche. On rit beaucoup, et on relativise pas mal aussi. Les ruptures n’ont-elles pas permis à l’humanité de s’émouvoir devant des chefs-d’œuvre de la littérature, du théâtre ou du 7e art ? Alors, « ruptons », pour exorciser la douleur des amours déchues et trinquons à la nouvelle vie qui s’offre à Lucie.

replay_2

C’est aux Riches-Claires jusqu’au 31/12 (https://lesrichesclaires.be/evenement/replay/), du mercredi au samedi à 20h30. Relâches exceptionnelles : les 23 et 30/12/17 – Attention : le 31/12 représentations à 19h et 22h.

Jours Radieux au Varia !

Jours-radieux-1-®A.Piemme

Après avoir jeté un œil au descriptif de « Jours Radieux », je me suis laissé tenter par un spectacle haut en couleur devant un public visiblement conquis par le jeu des acteurs.
Il faut dire que « Jours Radieux » comporte des éléments de Vaudeville et d’un théâtre plus engagé qui réveille en nous des questions sociales et politiques de tous les jours.
On aborde sans tabou et en toute simplicité des sujets qui dérangent l’opinion publique comme la xénophobie et les convictions nationalistes.
L’ancrage même de ces discussions se déroule dans une famille expressément blanche de peau où fillette, mère et père s’adonnent à cœur joie à la caricature de notre société.

Jours-radieux-4-®A.Piemme

La verve des acteurs et le décor pourtant rudimentaire (quelques canapés) nous transportent dans une véritable pluie de métaphores où une ambiance survoltée règne en maître.
Le trio d’acteurs se lâche sans retenue et en permanence dans une relation tantôt conflictuelle, tantôt harmonieuse malgré la paranoïa et le lunatisme ambiants.
Ce qui peut nous paraître comme une exagération dans les paroles des acteurs, tant les sujets abordés frappent ou font rire, il est difficile de rester insensible à ce véritable panaché de faits quotidiens déclamés avec éloquence et sarcasme.
« Jours Radieux » nous sort de notre zone de confort pour nous confronter à la réalité extérieure, un monde, faut-il le dire empreint de stéréotypes et d’un racisme avéré.

Jours-radieux-6-®A.Piemme

La part onirique qui prend la forme d’un conte inhérente à la seconde partie nous rappelle combien le monde politique est à la fois absurde et démagogique pour arriver à ses fins.
Quoiqu’il en soit, « Jours Radieux » est un miroir sur notre société, tellement individualiste que l’on arrive à en oublier les vraies valeurs comme tolérance, respect et humanité.

« Jours Radieux  » se joue jusqu’au 28 octobre au « Petit Varia », Rue Gray 154, 1050 Ixelles.

Une pièce de Jean-Marie Piemme, mise en scène par Fabrice Schillaci avec Joëlle Franco, Elizabeth Karlik et Stéphane Vincent.

http://varia.be/jours-radieux/ 

RGL

« Lettres à Nour », le Djihad sous un autre jour

« Lettres à Nour», une touche d’espoir sur fond noir

LettresàNour

À l’approche de la soirée, j’avais hâte de découvrir la représentation « Lettres à Nour », à l’Espace Magh, de Rachid Benzine, d’après « Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir ? » du même auteur (Éd. Seuil, 2016). La représentation d’un dialogue épistolaire entre un père philosophe musulman pratiquant et sa fille, partie faire le Djihad, un terme largement galvaudé depuis les attentats du 11 septembre 2001, ne risquait-elle pas de se rapprocher de la lecture d’un texte sur un ton monocorde entrecoupée de silences ? Que nenni ! La mise en scène et la musique concourent à donner du rythme aux échanges, allant jusqu’à susciter un profond émoi lorsque la tension est à son paroxysme.

Si Nour est partie, elle, jeune révoltée partie faire sa « révolution », ce n’est pas sans emporter son lot d’interrogations qui la traversent en permanence, mais dont le flux est figé le temps d’un instant dans les lettres qu’elle fait parvenir à son père, coûte que coûte. Et tous deux paient le prix fort du poids des convictions aveugles, semblables à une pieuvre dont les tentacules enserrent l’esprit et le cœur de son hôte, qui, selon son expérience, sa capacité de résistance ou de résilience, pourra en réchapper. Après le choc du départ incongru de Nour, père et fille traitent, par correspondance, de faits rationnels. Toutefois, le lien et le profond amour qui les unit finit par transpercer la rationalité de leurs échanges et, compte tenu des circonstances, tous les coups sont permis. À ce moment-là, on ne peut qu’éprouver la douleur d’une situation d’éloignement qui, toute absurde soit-elle, constitue une réalité dans certaines familles, dans une moindre ou plus grande mesure, mais qui fait toujours mal.

La représentation de ce soir-là s’adressait en particulier à la communauté éducative élargie. C’est monsieur Rachid Benzine en personne qui est monté sur scène, mais comme il l’a confié avec le sourire dans la foulée du spectacle, « c’était par défaut ». Lettres à Nour est une production du Théâtre de Liège qui bénéficie du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans le cadre de sa politique de prévention des extrémismes et des radicalismes violents (pour toute info, allez sur http://www.extremismes-violents.be).

En bref, une pièce bouleversante qui montre ô combien le dialogue et la compréhension mutuelle sont primordiaux par les temps qui courent.

G.G.

Le mec de l’avenue Louise : tu le connais ?

J’ai été voir Le mec de l’avenue Louise. Pas celui auquel vous pourriez penser, je ne parle pas d’un quelconque revendeur de substance illicite, même si, tous deux, ont leur dose quotidienne d’adrénaline.

Visuel_1

Le mec en question, c’est Juan (interprété par Andrés Cifuentes), un puto (l’espagnol a ceci de particulier que le terme existe au masculin, alors que le français se contente de qualifier Juan de pute, c’est d’ailleurs le mot qu’il utilise), venu tout droit du Chili et qui pratique la forme de prostitution la plus « brute », celle de rue, et la plus taboue, dans la mesure où le film porte plus précisément sur la prostitution masculine.

Le film entre en phase de finalisation après plusieurs années de travail. J’ai d’ailleurs assisté à l’une des dernières projections en cours de montage, la sortie du film étant prévue à la fin de cette année. La Centrale, auparavant, Central Dogma, fondé en 2006 par Andrés Cifuentes à la direction artistique et Linda Jousset à la direction administrative, a pour but de présenter des œuvres complexes, non commerciales, par des projets engagés. Pour plus d’infos sur le collectif, je vous invite vivement à visiter leur site en cliquant sur ce lien. Vous y découvrirez, entre autres, leurs différents projets en cours, dont 3 forment une trilogie sur le thème de la prostitution : Nationale 4, théâtre-cinéma, Puta Madre, théâtre-cinéma documentaire, et Le mec de l’avenue Louise, long métrage fiction.

Visuel_3

Alors, qu’on se le dise, il y a du cul, c’est cru (les « scènes » sont essentiellement tournées en journée, à l’extérieur aussi, sur le capot d’une voiture, par exemple, et on retrouve de nombreux plans fixes, imparables pour brosser un regard brut sur la réalité), mais on ne bascule pas dans le voyeurisme et on ne voit pas vraiment tout dans les détails. Les dialogues sont percutants, interpellants, et les nombreuses rencontres de Juan nous permettent de découvrir les facettes de ce métier autour duquel circulent encore de nombreux préjugés. Rapidement, on comprend qu’il n’est pas seulement question de cul, il est surtout question de survie, et le coup de téléphone de Juan à sa maman restée au pays montre bien l’influence que les inégalités sociales, les inégalités Nord-Sud, l’économie, au sens large, exercent sur ce phénomène qu’est la prostitution. Sa visite chez son amie nous permet aussi de découvrir les différentes motivations qui les animent tous deux, son amie donnant l’impression de vivre son métier de manière plus sereine, moins torturée que Juan, qui s’accorde néanmoins quelques moments d’évasion auprès d’un client, à la côte belge, où ses pensées s’égarent en direction de la mer.

Le film sortira à la fin de cette année dans des réseaux belges et internationaux. Nationale 4 est en cours de création au studio Thor et Puta Madre sera accueilli en résidence au KVS en 2018-2019.

Visuel_2

Il n’y a pas arnaque sur la marchandise. J’en veux pour preuve le visuel du film, mais c’est ici que vous découvrirez une autre réalité, brute de décoffrage, déroutante, peut-être, interpellante, sans aucun doute.

G. G.

Arrêtez tout, Apocalypse Bébé – un spectacle de Selma Alaoui, Œuvre soucieuse, farouche et perspicace est au théatre Varia !

boom-bebe

Vous regardez autour de vous, et vous vous demandez: En quoi existe-t-il un lien entre les différents chaos de nos âmes et les enjeux politiques et sociaux de notre époque ?
Mais si vous voyez ce que je veux dire… le fait que sans s’en rendre compte, le climat de l’organisation de notre société vient faire la pluie et le beau temps dans ce que nous sommes , dans ce que l’on devrait être, dans ce que l’on vit !
Ce poids qui rend malheureux d’incompréhension, d’insatisfaction, qui vous fait tourner la tête ou vous transforme en roc !
Proposer une analyse de cette question, c’était sonder les origines, avoir un œil aiguisé sur les conséquences de ces violences sur les rapports maladroits qu’entretiennent les gens entre eux : Et c’est l’œuvre 4D que propose Selma Aloui en prolongement des mots que Virginie Despentes avait écrit en 2010.
Pendant 15 jours, découvrez au Varia l’adaptation expressive de ce roman visionnaire, qui 6 ans plus tard, trouve sa simultanéité parfaite. Avec l’alliance des talents exaltés et clairvoyants de Selma Alaoui et Virginies DESPENTES, Apocalypse bébé est bien loin d’une thèse ennuyeuse, non, puisque l’histoire qui sert ses pensées profondes est clairement celle d’un polar.

apoca
Deux femmes à la recherche d’une troisième, qui dans une enquête clairement rock’n’roll, vont devoir traverser toutes sortes de milieux sociaux. C’est l’histoire de Lucie Toledo, trentenaire touchante qui se fait une raison de sa vie majoritairement organisée autour de son emploi: suivre la jeunesse dorée pour faire le compte-rendu des activités de leur progéniture aux parents.

« Je suis la gourde mal payée qui vient de se taper quinze jours de planque pour surveiller une adolescente nymphomane, défoncée à la coke et hyper active… Je ne m’en suis pas plus mal tirée qu’un autre, jusqu’à ce que Valentine disparaisse. »

Lors d’une de ces journées de traque devenue routine, Lucie perd de vue, Valentine, jeune fille a la réputation sulfureuse. La disparition de la jeune voluptueuse pousse Lucie à faire un pas de coté sur sa vie toute tracée, en donnant a son travail la tournure d’une véritable enquête. Lucie Tolèdo, détective ? La mission lui semble hors de ses compétences, elle fait donc appel à « La hyène », enquêtrice renversante au surnom équivoque. Une ancienne avocate qui emploie des méthodes peu orthodoxes. Pragmatique, nonchalante, «la hyène» est charismatique au possible !

« Tu sais, Lucie, c’est uniquement une question de chance et d’acharnement. ça semble impossible au départ mais sans qu’on sache comment, une piste se révèle et ça devient une simple question de fatigue à gérer »

Avec ses différents personnages, on traverse les générations, les façons de communiquer, les façons d’interagir avec nos domestications, les différentes manières de vivre avec soi-même, de faire des choix, et c’est là que la brutalité de certains propos deviennent génie.
Du point de vue de la mise en scène, on saluera tout particulièrement la magie des flashs back, des apostrophes, qui éclairent sur la psychologie de chacun mais aussi les changements de plateau fluide, caractéristique de la brillante tenue du déroulement.
On notera l’humour, ici synonyme de spiritualité: tantôt cynique, jaune et tantôt léger, plein d’espoir.
On lance également un tout grand BRAVO pour le façonnage des personnages, pilier du discours, avec une écriture et interprétation incarnée, comme des caresses, qui réhabilitent la notion d’imperfection comme perfection humaine.
Le théâtre de la vie est là (depuis le temps qu’on en parle sans savoir à quoi ça pourrait ressembler!).

Là où vous pensez « déjà vu », je vous dis innovante et troublante lucidité.
Là où vous pensez « théââââââtre », je vous dis que vous aurez l’esprit occupé à autre chose que de questionner la prétention d’une œuvre tant il s’agit ici de VIE. Les suppositions en général sont des écueils, alors ne dites pas « c’est sûrement », dites « j’ai trouvé que …»
Là où on lit cent fois par an «à voir de toutes urgence», «une œuvre coup de poing», je dis : mettons toutes les chances de notre coté pour voir large en mettant simultanément les lunettes de ces deux révolutionnaires.

En conclusion, une impression qu’on est lu dans ma tête en restituant de manière limpide des maux sans forme qui voguaient là, me poussent à une familiarité spontanée avec des envies de tutoiement: merci Selma, merci Virginie, Merci le Varia .
C’est beau de pouvoir voir une logique dans tout ce chaos. Beau de voir qu’une réflexion poussée peut amener à des raisons logiques d’aimer, encore, un peu l’être humain. Et plus beau encore si ces choses pouvaient remplir de façon outrancière un lieu.

Showmeur Island : un vaudeville “drôlamatique”

Showmeur Island, c’était un peu un ovni pour moi qui suis habituée à des pièces de théâtre plus classiques. Allant de surprise en surprise, je me suis néanmoins laissée (em)porter par le rythme soutenu de la compagnie “Les Voyageurs Sans Bagage” qui nous livre une histoire drôlamatique. Dans un méli-mélo savamment orchestré de télé-réalité, de théâtralité versus réalité, de bande annonce de films revisités et de vrai faux jeu télé, il n’y a pas à dire, les rebondissements et le comique de situation vont bon train. On s’amuse, on rit de bon coeur et on se prend d’affection pour les trois compères d’infortune présents sur le plateau.

capture-decran-2016-12-22-a-20-26-54

Véritable vaudeville des temps futurs, la pièce se déroule en 2045. Période où la tyrannie par le travail fait ( à nouveau ) rage et mécanise les individus. Dans la lutte pour l’emploi, personne n’est épargné par le courroux impitoyable du chômage, pas même la jeune cadre dynamique. Un benêt, un grincheux et une workaholic sont sur un radeau, qui prend l’eau… et jouent à qui sombrera en premier. On se délecte de leurs coups bats et de leur franc-parler. La parole libère mais leur destinée semble irrémédiablement liées. Les trois comparses se retrouvent embarqués pour une étrange épopée sur une île lointaine dédiée aux chômeurs. L’endroit n’est rien de moins qu’un goulag où deux bourreaux pinces sans rire sévissent sans ménagement. A coup de de caricatures juteuses, on en oublierait presque l’aspect tragique du sujet. Ce que vient faire le cours extrait vidéo balancé à la fin de la pièce. Ma comparse n’a pas aimé ce brusque rappel de la réalité, déplorant ce “coup de théâtre” comme un pavé dans la marre bien superflu. De mon côté, j’ai apprécié ce rappel de la vie réelle sans quoi je serais sans doute passée à côté de la véritable portée de cette pièce : nous interroger sur le travail au sens large ainsi que l’esclavage par le travail. Un état de fait malheureusement manifeste au sein de notre société détraquée. Et dire qu’on est pas encore en 2045…

Aud

Black Clouds, dans la spirale du virtuel entre dépendances et dérives.

A l’heure où le phénomène Internet et les dépendances au monde virtuel se sont banalisés dans nos chaumières et la vie quotidienne, Black Clouds nous questionne sur les dérives de la société de l’hyper information. Une société d’interconnecté(e)s dans laquelle il est facile “d’oublier” que tout n’est pas que strass et paillettes tant pour ses utilisateurs que pour les détenteurs d’espaces virtuels.

16002_blackclouds

Au travers d’exemples frappants qui nous rappellent les nombreuses plaies du monde moderne dans et autour d’Internet tels le contraste entre les pays Nord-Sud et l’im-moralité de leurs finalités respectives, la supercherie orchestrée par un pirate de l’amour du monde virtuel peu scrupuleux  et une utilisation excessive de la cybernétique, Black Clouds questionne sans limites les perversités de notre société cyber connectée d’aujourd’hui.

On y trouvera entre autres l’histoire d’Aaron Schwartz racontée par sa propre mère, militant de l’internet et défenseur d’un accès à l’information pour tous sans équivoque, l’apparition de Steve Jobs et Thomas Sankara ancrés dans des idéologies technologiques et humaines qui incitent à la réflexion et une interprétation des enjeux liés au sites de rencontres bien implantés dans les mœurs actuels.

Autour de l’omnipotence informatique, une femme danse, là où reposent et se brisent en mille morceaux les ordinateurs en fin de vie.  Une allusion probable à la question de l’obsolescence programmée.

eventon16238

En résumé, un spectacle qui dépeint avec originalité et militance la société des interconnecté(es) et une caricature (quoique très proche de la réalité) des utilisations pas toujours probes du World Wide Web.

Black Clouds est une création de Fabrice Murgia (Directeur artistique du Théâtre National de Bruxelles) et de la Cie Artara.

1162444591_b978742444z-1_20160524090950_000_g1p6rrond-1-0

Ravin Iran : le rêve qui “beats” !

raving-iran-1000x1000

Si la musique adoucit les moeurs, en Iran, elle est passible de peine de mort par les censeurs de la République Islamique. Dans ce pays, le mot « underground » prend littéralement tout son sens. Celui de contre-culture, d’opposition, de contestation à demi-mot. Une culture où le mensonge et la tricherie font leur choux gras sur fond de beats techno, de falsification de pochettes de disque et de tout ce qui est interdit. Et des interdits, il y en a beaucoup. Ici, les sons restent étouffés derrière les fenêtres closes des soirées privées. La police débarque et c’est la prison assurée. A l’instar de leurs rêves d’émancipation, les jeunes risquent leur vie en plein désert et se libèrent par le son dans des rave party où les corps s’extasient à l’instar d’une séance d’exorcisme. Le pari risqué des jeunes DJ – Anoosh et Arash – de ce film-documentaire ? Organiser une soirée où l’on peut danser jusqu’à plus soif d’être libre. Cela donne des scènes cocasses dans l’immensité majestueuse du désert mais surtout une sensation d'(op)pression policière omniprésente, un sentiment d’être enfermé à l’air libre qui se transforme en rêve d’occident et de devenir réfugié politique.

ravin-iran

A travers cette lucarne de beats enfumés, la réalisatrice Susanne Regina Meures nous donne à voir une réalité éloignée de notre monde libéral, une réalité difficile à appréhender pour nous, jeunes occidentaux qui baignons dans le privilège de pouvoir nous exprimer musicalement comme nous l’entendons. Même si, il faut le souligner: les libertés gagnées ne sont jamais acquises. Quand les deux jeunes hommes débarquent en suisse pour participer à la Streetparade, ils sont quelque peu déroutés par ce qu’ils y voient. Alors que les parents d’Anoosh le prient de ne plus jamais revenir… Arash rêve quant à lui à la douce saveur des noix iraniennes. Comment alors parviendront-ils à concilier leur soif d’ailleurs et leur manque du pays ? Comment s’émanciperont-ils ? La suite, c’est à vous de l’imaginer …

Je vous donne quand même quelques indices

Ce qui est sûr, c’est que ce film-documentaire donne envie de célébrer la chance que nous avons de pouvoir danser quand nous voulons – la plupart du temps du moins !

Sur ce, je m’en vais écouter un peu de Drum’n’bass en rêvant d’un monde libre pour tous…

raving-iran-3

Le site web du film 

RAVING IRAN Trailer (facebook.com/RavingIran; www.ravingiran.com) from Christian Frei on Vimeo.

une émission d'agenda culturel transversal à Bruxelles